Comment se défaire d'une habitude d'achat (et combien de temps ça prend vraiment)
En bref - Oubliez les « 21 jours » — ce chiffre est un mythe, sans preuve solide derrière. - Quand des chercheurs ont réellement mesuré la formation d'une habitude, il a fallu en moyenne (médiane) environ 66 jours pour qu'elle devienne automatique, avec une fourchette allant de 18 à 254 jours. - Attendez-vous à une courbe lente et irrégulière, et ne prenez pas un mauvais jour pour un échec : rater une fois n'a pas fait dérailler les participants de la recherche. - Le levier le plus fiable, ce n'est pas la volonté ; c'est de changer votre environnement pour que moins d'envies vous atteignent. - Empilez quelques petits changements durables plutôt que de tout miser sur un grand coup.
Si vous avez décidé de moins acheter, la première chose utile à savoir est combien de temps cela prend réellement — parce que le chiffre que vous avez sans doute entendu est faux, et le croire vous prépare à abandonner trop tôt.
Voici la version honnête, et un plan réaliste construit dessus.
Le truc des « 21 jours » est un mythe
Vous le verrez partout : il faut 21 jours pour se défaire d'une habitude, ou pour en prendre une. C'est un chiffre bien net, et il est faux. Quand des chercheurs ont réellement suivi des personnes en train de former de nouvelles habitudes, le temps nécessaire pour qu'un comportement devienne automatique variait énormément — avec une médiane d'environ 66 jours, et une fourchette s'étendant de 18 à parfois 254 jours selon la personne et le comportement (Lally et al., 2010).
Ce n'est pas décourageant — c'est libérateur. Si vous tablez sur trois semaines et que vous luttez encore contre l'envie à la cinquième, le mythe vous dit que vous avez échoué. La vraie recherche vous dit que vous êtes pile dans les temps. Une habitude d'achat qui a mis des années à s'installer ne va pas s'envoler en 21 jours, et elle n'a pas besoin de le faire pour que vous fassiez de vrais progrès.
Deux autres enseignements de cette même étude méritent d'être gardés en tête. D'abord, la courbe est progressive et irrégulière, ce n'est pas un interrupteur qui bascule. Ensuite, rater une seule journée n'a pas vraiment fait reculer les participants — un écart n'est pas une remise à zéro. Un mauvais jour où vous achetez quelque chose que vous auriez préféré éviter est donc un point ordinaire sur la courbe, pas la preuve que tout l'effort s'est effondré.
Appuyez-vous sur votre environnement, pas sur votre volonté
L'instinct est de se défaire d'une habitude d'achat en serrant les dents plus fort. Méfiez-vous de ce plan. L'idée populaire selon laquelle la volonté serait une réserve fixe qu'on peut renforcer ou vider n'a pas survécu à un vaste effort de réplication — 23 laboratoires travaillant ensemble n'ont pas réussi à reproduire l'effet central du « la volonté s'épuise » (Hagger et al., 2016). Nous ne disons pas que la volonté est une illusion. Nous disons que c'est une base bien fragile pour bâtir un plan qui s'étale sur des mois.
L'approche plus fiable consiste à changer la situation pour que l'habitude se déclenche moins souvent au départ. Une habitude est une boucle signal-réponse ; retirez les signaux et la boucle a moins de quoi s'amorcer. Cela signifie que le vrai travail pour se défaire d'une habitude d'achat est surtout environnemental : désabonnez-vous des e-mails promotionnels, déconnectez-vous des applis, supprimez les cartes enregistrées, sortez les icônes de shopping de votre écran d'accueil. Voyez supprimer les déclencheurs d'achat pour le détail. Vous ne cherchez pas à vaincre chaque envie par la force — vous arrangez les choses pour que moins d'envies vous atteignent, et pour que celles qui passent rencontrent un peu de friction.
Empilez de petits changements durables
Pendant les semaines nécessaires à l'installation du nouveau schéma, donnez-lui une structure. Ajoutez un délai à votre réflexe par défaut — la règle des 24 heures est le point de départ le plus simple — pour que le vieux réflexe rencontre une nouvelle pause à chaque fois. Choisissez des changements que vous pouvez vraiment tenir deux ou trois mois, pas un coup spectaculaire que vous laisserez tomber dès la deuxième semaine. Et traitez tout cela comme une pratique continue plutôt qu'un examen à réussir ; les dépenses réfléchies et construire de meilleures habitudes de dépense adoptent toutes deux ce regard de long terme.
Où s'insère une pause
Comme une nouvelle habitude met de nombreuses semaines à s'installer — et repose bien plus sur l'environnement que sur la volonté brute — ce qui aide, c'est une pause régulière qui se présente à chaque fois, sans dépendre de votre mémoire. C'est ce que ImpulseShield tient pour vous, en privé et sur votre appareil : le même petit écart entre l'envie et l'achat, répété assez longtemps pour que le nouveau schéma prenne.
Pour l'ensemble complet des techniques à intégrer dans cette période, voyez comment arrêter les achats impulsifs.
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Références
- Lally, P., van Jaarsveld, C. H. M., Potts, H. W. W., & Wardle, J. (2010). How Are Habits Formed: Modelling Habit Formation in the Real World. European Journal of Social Psychology, 40(6), 998–1009. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/ejsp.674
- Hagger, M. S., et al. (2016). A Multilab Preregistered Replication of the Ego-Depletion Effect. Perspectives on Psychological Science, 11(4). https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/1745691616652873