Comment arrêter les achats impulsifs

Comment arrêter de trop dépenser (une méthode concrète)

En bref - Trop dépenser, c'est en général une multitude de petits relâchements de la maîtrise de soi qui s'additionnent, pas un échec spectaculaire — et c'est une bonne nouvelle, car de petits relâchements se corrigent. - La maîtrise de soi flanche surtout quand vous ne suivez plus votre propre comportement et quand le « maintenant » l'emporte discrètement sur le « plus tard ». - La méthode : ajouter un délai, rendre le paiement concret, supprimer les déclencheurs et décider à l'avance. - Aménagez votre environnement plutôt que de compter sur votre volonté — le modèle « la volonté est un réservoir de carburant » n'a pas résisté à une grande réplication.

La plupart des dépenses excessives ne viennent pas d'une décision imprudente. Elles viennent d'une longue série de petites décisions oubliables — quelques taps par-ci, un « tant qu'à faire » par-là — qui s'additionnent discrètement d'ici la fin du mois. Ce cadrage compte, car une centaine de petits relâchements se corrigent bien plus facilement qu'un défaut de caractère. Vous n'avez pas besoin d'une greffe de personnalité. Vous avez besoin d'une méthode qui gère les relâchements.

Trop dépenser, c'est un empilement de petits relâchements

La maîtrise de soi flanche dans des conditions prévisibles, pas au hasard. Deux d'entre elles font l'essentiel des dégâts : vous perdez de vue votre propre comportement, et un objectif à court terme (se sentir bien maintenant) entre discrètement en concurrence avec un objectif à long terme (avoir de l'argent plus tard) (Baumeister, 2002). Trop dépenser, c'est ce à quoi ressemblent ces petits échecs répétés une fois additionnés. Et par-dessous, il y a un travers de timing qui alimente chacun d'eux — nous sommes tous programmés pour surévaluer l'immédiat et sous-estimer ce qui est plus lointain, un schéma appelé biais du présent (Frederick, Loewenstein & O'Donoghue, 2002). Au moment de chaque achat, le « maintenant » est bruyant. La méthode ci-dessous n'est en réalité qu'un ensemble de moyens de donner au « plus tard » une chance de se faire entendre. Pour une vue plus complète de l'origine de ces envies, voir pourquoi j'achète de manière impulsive.

La méthode, en quatre gestes

Vous n'avez pas besoin des quatre d'un coup. Chacun vise un relâchement différent.

1. Ajoutez un délai. C'est le geste porteur. Une envie d'acheter grimpe puis retombe — l'intensité ressentie au moment de la tentation est temporaire et ne survit généralement pas à une attente (Hoch & Loewenstein, 1991). Une règle d'attente fixe comme la règle des 24 heures laisse le pic passer et votre moi futur peser dans la balance.

2. Rendez le paiement concret. Plus il est facile de payer, plus vous dépensez ; dans des études contrôlées, les gens étaient prêts à payer sensiblement plus avec une carte qu'avec des espèces (Prelec & Simester, 2001). Supprimer les cartes enregistrées et le paiement en un clic, ou payer d'une manière que vous ressentez, remet un peu de friction utile.

3. Supprimez les déclencheurs. Une grande part des dépenses excessives est déclenchée, non choisie — un e-mail promotionnel, un compte à rebours, un produit bien placé. Couper ces signaux signifie moins de relâchements à rattraper au départ.

4. Décidez à l'avance. Des règles et des listes fixées d'avance font que le choix difficile est déjà tranché quand l'envie se présente (Hoch & Loewenstein, 1991). Une courte série de questions avant achat fait le même travail en caisse.

Misez sur votre environnement, pas sur votre volonté

Remarquez ce que les quatre gestes ont en commun : aucun ne vous demande d'être plus discipliné. C'est délibéré. L'idée répandue selon laquelle la volonté serait un réservoir de carburant qui se vide au fil de la journée — de sorte que trop dépenser signifierait simplement qu'on est tombé à sec — n'a pas survécu à des tests rigoureux, quand 23 laboratoires réunis n'ont pas réussi à reproduire l'effet (Hagger et al., 2016). La voie fiable n'est pas de serrer les dents plus fort face à chaque tentation ; c'est d'organiser votre environnement pour que moins de tentations vous atteignent, et que celles qui le font rencontrent un délai. C'est le même principe que derrière maîtriser vos habitudes de dépenses et le guide complet pour arrêter les achats impulsifs.

Comme trop dépenser est un empilement de petits relâchements qui dépendent chacun d'un passage à l'acte avant que le moment passe, la chose la plus utile est une pause fiable entre l'envie et l'achat — une pause que vous n'avez pas à penser à convoquer. C'est ce qu'ImpulseShield tient pour vous, en toute confidentialité et sur votre appareil. Pour porter tout cela comme une pratique continue plutôt qu'un correctif, voir les dépenses réfléchies.

À lire aussi


References

  • Baumeister, R. F. (2002). Yielding to Temptation: Self-Control Failure, Impulsive Purchasing, and Consumer Behavior. Journal of Consumer Research, 28(4), 670–676. https://academic.oup.com/jcr/article/28/4/670/1785555
  • Frederick, S., Loewenstein, G., & O'Donoghue, T. (2002). Time Discounting and Time Preference: A Critical Review. Journal of Economic Literature, 40(2), 351–401. https://www.researchgate.net/publication/4981445_Time_Discounting_and_Time_Preference_A_Critical_Review
  • Hoch, S. J., & Loewenstein, G. F. (1991). Time-Inconsistent Preferences and Consumer Self-Control. Journal of Consumer Research, 17(4), 492–507. https://academic.oup.com/jcr/article-abstract/17/4/492/1797243
  • Prelec, D., & Simester, D. (2001). Always Leave Home Without It. Marketing Letters, 12(1), 5–12. https://link.springer.com/article/10.1023/A:1008196717017
  • Hagger, M. S., et al. (2016). A Multilab Preregistered Replication of the Ego-Depletion Effect. Perspectives on Psychological Science, 11(4). https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/1745691616652873